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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 96.djvu/712

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




30 novembre.

Les jours passent, les mois passeront peut-être inutilement, c’est fort à craindre. Ce ne sera pas sans peine, dans tous les cas, qu’on en viendra à se faire une idée nette des choses, que cette assemblée qui vient d’entrer pour quatre ans au palais Bourbon arrivera à se débrouiller, à savoir ce qu’elle veut, à prendre son équilibre.

On en est encore aux tâtonnemens, aux inconséquences, aux oscillations des consciences indécises. On fait de l’expectative et de la contradiction une politique. On rétracte le lendemain ce qu’on a voté la veille et le malheur est que, faute de se sentir en terrain sûr, de peur de n’être pas suivi, personne ne se hasarde à trancher dans le vif, à dire le mot décisif de la situation. Le règne des banalités de parti ou des ambiguïtés continue. Jusqu’ici il n’y a eu que deux manifestations qui auraient pu avoir une signification et après lesquelles on n’est pas plus avancé. La première est l’allocution que M. Floquet, ramené à la présidence de la Chambre après ses malheurs de chef de cabinet, a prononcée en montant à son fauteuil. Ce n’était pas, il est vrai, à M. le président de la Chambre de tracer un programme. M. Floquet s’est borné à promettre à ses collègues l’impartialité, la fermeté avec la courtoisie, et à faire un appel un peu mélancolique à cette concentration républicaine dont il a lui-même tiré un si brillant parti. La seconde manifestation est la déclaration que le ministère s’est cru obligé de porter aux Chambres. C’était ici le cas de parler. Malheureusement cette déclaration se ressent de l’incohérence du ministère et de ce qu’il y a d’obscur dans la situation même. Elle dit tout ce qu’on voudra. Elle propose d’écarter « les questions qui divisent et irritent, » mais sans oser les désigner. Elle parle