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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 96.djvu/700

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Les Artistes littéraires, par M. Maurice Spronck. Paris, 1889 ; Calmann Lévy.


Disons d’abord deux mots du titre de ce livre, qui est obscur, et de son objet, qui pourrait bien n’être pas aussi nouveau qu’arbitraire. Dans l’œuvre ou dans la vie de ceux qu’il appelle du nom d’Artistes littéraires, et qui ont pour trait commun et pour air de famille d’avoir non-seulement écrit, mais vécu, comme si leur art était à lui-même son origine, son moyen, et sa fin, ou encore sa raison d’être, son objet, et son but, M. Maurice Spronck s’est donc proposé de chercher l’expression de notre vie a intellectuelle contemporaine, et surtout sensorielle et sentimentale, à son degré suprême d’intensité. » C’est un peu ce qu’avaient fait, voilà déjà quelques années, M. Paul Bourget, dans ses Essais de psychologie contemporaine ; et M. Taine, longtemps avant lui, mais pour toute une grande nation, dans son Histoire de la littérature anglaise. Il y a seulement une nuance ; et M. Spronck ne reconnaît qu’une sorte de littérature dont on puisse dire qu’elle soit « l’expression de la société : » c’est la littérature « artiste, » épurée, pour ainsi parler, de toute intention morale ou utilitaire, et n’ayant d’autre mesure de sa valeur que la beauté, ou plutôt la rareté des sensations qu’elle nous procure. M. Taine avait cru qu’autant au moins que David Copperfield et que les Idylles du roi, les Histoires de Macaulay et la Logique de Stuart Mill reflétaient, comme on dit aujourd’hui, l’âme anglaise contemporaine. M. Bourget, dans ses Essais, à côté de