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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 96.djvu/62

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disséminés sur différens points du Champ de Mars, du Trocadéro, du quai d’Orsay et de l’esplanade des Invalides, mais la classe 64 a de plus son domaine particulier.

C’est d’abord le palais de l’hygiène qu’on aperçoit, sur l’Esplanade, entre le ministère de la guerre et l’Économie sociale. Il est précédé par un terre-plein au centre duquel s’élève une fontaine aux eaux jaillissantes. Une statue de la déesse Hygie la surmonte ; elle est pourvue de ses attributs classiques : une coupe dans la main gauche, un serpent enroulé autour du bras droit. Je n’affirme pas que cette œuvre d’art soit au nombre des choses qu’il faudra sauver à tout prix de la destruction lorsque l’Exposition sera terminée ; mais elle fait la joie des visiteurs et les exposans eux-mêmes la regardent avec complaisance. Il n’en faut pas davantage. Le palais lui-même est superbe. Il est éclatant et orné des couleurs les plus vives. Des noms illustres en décorent la façade. Hippocrate y figure à côté de Tenon, Plutarque est auprès de Cochin, et personne ne s’étonne de ce voisinage, tant l’hygiène est habile à rapprocher les gens, les temps, et les distances.

A côté de ce temple qui leur est exclusivement consacré, l’Hygiène et l’Assistance se sont créé quelques dépendances sur le terrain de l’Économie sociale. Elles y possèdent une section tout entière, la XIIIe, dont j’ai l’honneur d’être le président. On y trouve de plus le groupe des maisons ouvrières de France et de Belgique ainsi que le pavillon de la Société philanthropique, sur lequel je reviendrai plus tard. Enfin, l’hygiène urbaine occupe la première place dans les élégans pavillons que la ville de Paris a élevés au Champ de Mars. C’est là que se trouvent réunis tous les élémens de l’intéressant problème que soulève l’assainissement des villes.


I

L’une des branches les plus importantes de l’hygiène est logée en dehors des constructions que je viens d’énumérer. L’alimentation a son domaine spécial. On lui a consacré deux longues galeries parallèles qui occupent toute la partie du quai d’Orsay située entre l’avenue de La Bourdonnais et le pont de l’Alma. Tous les pays du globe y ont envoyé leurs comestibles et leurs boissons. Tout ce qui est susceptible d’être transporté est là réuni, exposé sous les formes les plus propres à flatter l’œil et à stimuler l’appétit. La Russie a expédié ses saumons conservés, son caviar, ses fruits confits, ses sirops et ses confitures ; l’Angleterre ses épices, ses condimens, ses viandes fumées et ses jambons ; l’Italie ses pâtes alimentaires, ses mortadelles, ses saucissons