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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 96.djvu/283

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I. L’HOMME ET LE CONTEUR.


Le premier aphorisme du vieil Hippocrate est justement célèbre : « l’art est long, le temps est court, l’expérience trompeuse, le jugement difficile. » On pourrait y ajouter « et l’attention souvent absente, » et, ainsi complété, le recommander à l’érudition et à la critique plus particulièrement encore qu’à toute autre branche du savoir humain. Lire beaucoup, en effet, et par conséquent vite y est indispensable, cependant lire vite y est un péril ; tâtonner longtemps y est un devoir, et cependant les longs tâtonnemens ne vont pas sans engendrer quelque distraction d’esprit, et toute distraction fausse aisément la piste poursuivie. S’en tenir aux faits extérieurs y est la règle la plus prudente, cependant il se peut aisément