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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 96.djvu/144

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L’organisation des sections étrangères au Palais des Beaux-Arts n’est pas due, en général, comme celle de la section française, à l’action gouvernementale. La plupart, en l’absence de commissaires officiels, n’ont été installées qu’au dernier moment par l’initiative privée, soit d’un comité local, soit d’un comité parisien, soit même d’un groupe d’artistes isolés. Pour qui est au courant de l’activité des arts dans le monde, il est évident que les collections de peintures, réunies de la sorte, ne représentent que bien incomplètement, pour plusieurs pays, le niveau de la production actuelle, soit parce que les chefs d’école n’y sont pas représentés, soit parce que la meilleure place s’y trouve prise par des ouvrages d’importance secondaire. En plusieurs endroits, notamment aux États-Unis, en Autriche, en Suisse, on se croirait toujours en France, tant l’imitation française y semble dominer, et ce sont, en effet, les artistes domiciliés et travaillant chez nous qui y sont venus en majorité. Néanmoins, en beaucoup d’autres, les œuvres indigènes, soit par la provenance, soit par l’esprit, y figurent en assez grand nombre pour qu’il soit possible de se rendre compte si l’art y est mort ou vivant, si l’on y reste humblement et irrémédiablement soumis à l’influence parisienne ou si au contraire, soit par un retour réfléchi à des traditions autochtones, soit par une