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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 96.djvu/106

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Trop peu nombreuse encore pour l’étendue du territoire qu’elle occupe, la population boër se borne le plus souvent à demander à ses fermes la quantité de céréales et de bétail suffisante aux besoins de la famille et des serviteurs, ainsi qu’aux achats d’articles qu’elle ne peut fabriquer elle-même. La dissémination des settlements et le manque de routes entravent l’écoulement des produits. Dans certaines localités il faut franchir, avec des charrettes, par des chemins à peine tracés, des espaces de 300 à 400 kilomètres avant d’atteindre un centre commercial. Les voies ferrées remédieront à cet état de choses et, partout où l’on peut irriguer, le sol produit en abondance le blé, dont on obtient deux récoltes par an, l’orge et l’avoine, le tabac, l’indigo, l’arachide de Marico, le café de Pretoria, le coton de Zoutpansberg.

Baromètre de la prospérité publique, le tableau des recettes et des dépenses de la jeune république indique, depuis 1886, des excédens de recettes, qui, de 1,800,000 francs au 1er janvier 1887, atteignent 7 millions au 1er janvier 1889 ; la dette publique, qui, il y a neuf mois, dépassait 9 millions de francs, ne s’élève plus aujourd’hui, par suite des remboursemens effectués, qu’à 5,358,000 fr.

La ténacité des Boërs a donc eu raison des circonstances adverses. Dépossédés par l’Angleterre, ils ont vu toutefois leur échapper, de l’autre côté du Vaal, ces riches mines de diamans dont l’exposition attire une foule curieuse dans le pavillon du Cap, au Champ de Mars. On y assiste aux successives opérations d’un gisement diamantifère, au lavage des terres, au triage des pierres, à la taille et au polissage. De 1870 à 1887, on a extrait de ces gisemens 7,000 kilogrammes de diamans représentant une valeur de plus de 1 milliard. L’année 1887 seule a donné un rendement de 100 millions de francs. Les pierres précieuses et l’or appellent, sur ces terres lointaines, une émigration chaque année croissante. Elle s’y fixe, y prend racine, et le Transvaal en absorbe la plus grande partie. Cet afflux d’émigrans, joint à l’accroissement rapide d’une race étonnamment prolifique, assure l’avenir de ce nouvel état, barrière européenne contre l’invasion noire, poste avancé et point d’appui des expéditions pour gagner, dans l’intérieur, les rives du Zambèze.

C’est au palais des Colonies françaises qu’il faut aller chercher l’exposition du Sénégal et de la Guinée. L’ouverture du canal de Suez, en détournant vers la Mer-Rouge les navires qui passaient au large de leurs côtes et souvent y faisaient escale, a rejeté dans l’isolement ces ports, portes entr’ouvertes sur le Soudan. Repliées sur elles-mêmes, ces colonies n’en entretiennent pas moins avec le reste du monde un commerce d’une certaine importance et qui, pour les arachides seules, employées à Marseille pour la