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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 93.djvu/909

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Le Tour du Monde, nouveau journal de voyages, publié depuis 1860 sous la direction de M. Edouard Charton ; Hachette.


Peut-on faire le tour du monde en quatre-vingts jours, ou même en cent vingt jours ? La terre ayant 8,000 lieues de circonférence, c’est une moyenne, par jour, de 100 ou de 70 lieues. Cette rapidité ne s’est encore vue que dans le roman, et du roman elle a été transportée au théâtre. Mais patience ! encore un peu de temps, et elle entrera dans le domaine de la réalité. A force de percer les isthmes et de trouer les montagnes, l’audacieuse race de Japhet prépare la grande route, droite et unie, par laquelle locomotives et paquebots, effleurant dans leur course accélérée la terre et les mers, pourront glisser sans interruption ni arrêt sur la ceinture du globe. Il ne faut donc plus tenir compte des distances. L’homme circule aujourd’hui d’un continent à l’autre rapidement et presque sans péril ; le tour du monde n’est plus qu’un jeu pour les voyageurs que l’intérêt ou la fantaisie promène aux horizons les plus lointains. Ainsi s’est développé le goût des voyages. La science, la politique, l’industrie et le commerce, la simple curiosité et l’esprit d’aventure font mouvoir de par le monde toute une légion d’explorateurs et de touristes. Les uns s’acharnent à l’assaut des pôles, les autres plongent au centre de la vieille Asie ; ceux-ci arpentent