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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 93.djvu/857

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superficie supérieure de beaucoup à la quantité qu’il pourrait mettre en culture.

Mais nous voyons aussi qu’il reste, à l’ouest du 100e, 13 millions 740,223 acres, étendue suffisante pour donner 100 acres à 137,402 individus ; et, en supposant chaque settler à la tête d’une famille de 5 personnes, ce pays pourrait nourrir une population de 687,010 âmes. Si l’on ajoute à cela le No Man’s Land, dont les 3,672,640 acres gisent immédiatement à l’ouest, on arrive à cette conclusion que ces deux superficies pourraient former un territoire aussi vaste que plusieurs des États de l’Union.

Naguère, on aurait pu facilement mettre à exécution la mesure indiquée par M. Atkins. Les Peaux-Rouges fixés à l’ouest du 100e méridien, notamment les Cheyennes et les Arapahoes, molestaient ceux d’entre eux qui manifestaient une certaine propension à adopter les coutumes des blancs. Le gouvernement dut s’interposer et les récalcitrans capitulèrent : depuis lors, un grand nombre de ces Indiens cultivent le sol et bâtissent des maisons ; ils ont même construit des villages et défriché une vaste étendue de prairie. Avant ces événemens, il est facile de le comprendre, leur refoulement vers l’est ne leur aurait causé aucun préjudice. Mais, dès 1887, cette sorte de déportation était devenue moins aisée. Néanmoins, en raison du faible déplacement à opérer et de la supériorité du nouveau domaine à assigner aux Arapahoes et aux Cheyennes, M. Atkins pensait que, moyennant un dédommagement métallique, on les déciderait à obéir aux vœux du congrès, dans le cas où celui-ci prendrait la résolution de les diriger sur l’Oklahoma ou sur d’autres terres inoccupées à l’est du 100e méridien.

Avec très juste raison, M. Atkins considérait en outre connue un essai dangereux à tenter, au point de vue indien, l’ouverture à la colonisation blanche du territoire de l’Oklahoma, environné de trois côtés par des tribus rouges. N’y avait-il pas dix chances contre une pour que les indigènes cantonnés à l’occident de cette terre fussent écrasés par les vagues de settlers déferlant sur eux de tous les points de l’horizon ?

Un tel sujet méritait donc la sollicitude du gouvernement. L’ouverture, à la colonisation blanche, de ces parcelles libres du territoire indien étant décidée, le moyen déjà indiqué paraissait le plus rationnel et susceptible de causer le minimum d’effervescence parmi les Peaux-Rouges.

Pourtant, le congrès n’adopta point cette manière de voir. On laissa les Indiens dans leurs cantonnemens et l’on ouvrit aux settlers blancs des terres sans maître qui, de trois côtés, étaient bornées par des peuplades rouges.