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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 93.djvu/783

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II. ÉLÉMENS ESTHÉTIQUES DE LA MORALITÉ. [1]


I. Stephen Leslie, The Science of Ethics. — H. Herbert Sencer, Essais sur l’esthétique. — III. Guyau, l’Art au point de vue sociologique.


Il est une donnée essentielle que les évolutionnistes ont négligée dans leur « science des mœurs » : c’est le sentiment du beau, qui a eu une si grande part dans la formation du sentiment moral, et qui aura, selon nous, un rôle plus important encore dans ses transformations futures. Ni M. Spencer ni M. Wundt n’a traité à fond cette question, et le plus remarquable des disciples de M. Spencer, M. Stephen Leslie, n’a guère fait que l’indiquer dans sa Science de la morale. Le sentiment esthétique est cependant, selon nous, seul capable de corriger, par la vivante intuition du beau, ce qu’il y a de sec et de froid dans la morale des faits. L’homme n’est pas seulement un calculateur d’intérêts en partie double, à

  1. Voyez la Revue du 15 octobre 1888.