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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 93.djvu/766

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J’arrivais un jour, vers la fin de 1873, en Angleterre, le grand marché des navires. Il s’agissait d’y trouver un yacht de moyenne dimension et à voiles, non point pour briller aux courses ni pour suivre la mode, mais afin de continuer une carrière brusquement suspendue, dès son principe, dans la marine espagnole. Il y avait bien encore l’amère pensée de goûter librement à des jouissances larges et âpres, qu’une passion ardente pour la mer m’avait fait entrevoir dès mon enfance, et que ne satisfait point la vie militaire des marines modernes avec ses cuirassés, ses torpilleurs et ses infernales machines presque immobilisées par l’exagération des dépenses nécessaires à leurs moindres déplacemens. L’antipathie que provoque dans certaines âmes la pensée de destruction, inséparable de tout ce matériel guerrier, contribuait aussi à me faire préférer un genre de marine qui permet d’envisager exclusivement le côté des questions maritimes le plus fertile en conquêtes profitables.

Ce yacht devait donc montrer avant tout les qualités voulues pour battre la haute mer.

Plusieurs semaines de recherche sur les côtes de la Manche me