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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 93.djvu/631

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I

Les chefs-d’œuvre de la peinture et de la sculpture réunis au Champ de Mars dans la section rétrospective nous vont permettre cette année d’étudier à merveille toutes les phases par lesquelles a passé l’art français depuis un siècle. Tandis qu’on était en goût de centenaires et de résurrections, il est fâcheux qu’on n’ait pas songé, dans le Palais de l’Industrie, à nous montrer, à côté du Salon encombré de 1889, le modeste Salon de 1789, qui s’ouvrit cette année-là, comme d’habitude, au mois d’août, dans les galeries du Louvre. Le spectacle n’eût pas manqué de piquant, et la comparaison de ces deux points extrêmes, le point de départ et le point d’arrivée, eût été fertile peut-être en enseignemens inattendus. La reconstitution même de la collection n’était pas très difficile. La plupart des ouvrages exposés alors par messieurs de l’Académie royale ont leur état civil en règle ; les plus importons, commandés ou achetés par le roi, se trouvent encore soit au Musée du Louvre, soit dans d’autres édifices ou galeries publiques ; on eût retrouvé le reste dans les collections privées. En tout cas, nous avons entre les mains le catalogue, et la simple lecture de ce livret minuscule donne quelque peu à penser sur les transformations profondes qui se sont produites, en l’espace de cent ans,