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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 93.djvu/578

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II. LE MINISTÈRE DE LA JUSTICE. [1]


I

C’est une chose très naturelle qu’en une nation qui a changé plusieurs fois, dans un court espace de temps, de chefs, d’opinions et de lois, il existe des partis dont chacun conçoit un idéal de gouvernement très divers, qui, liaient pour la possession du pouvoir, et qui l’obtiennent à tour de rôle par les fautes les uns des autres plus que par leurs mérites propres.

Cette extrême division des citoyens a ceci de bon qu’elle offre au pays, en matière politique, les avantages que procure aux consommateurs, en matière commerciale, la libre concurrence des producteurs. Elle excite l’émulation, elle met au concours le progrès, la satisfaction des besoins communs, l’amélioration des conditions morales ou physiques de l’existence sociale. Il n’est presque pas un des divers systèmes que nous avons pratiqués qui n’ait laissé quelque trace heureuse de sa domination. Mais cette division a ceci de mauvais, qu’elle empoche aucun des gouvernemens qui se succèdent de représenter absolument le pays ; tous ne sont que

  1. Voyez la Revue du 15 octobre 1888.