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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 93.djvu/469

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




14 mai.

S’il fallait encore une preuve que la France garde à travers ses révolutions une inépuisable vitalité, que les agitations des partis ne sont qu’une fausse expression de sa vie nationale, qu’on risque toujours de se tromper en jugeant notre pays par ces bruyantes et stériles agitations, s’il fallait cette preuve, elle est faite maintenant une fois de plus. Elle est faite, et par l’esprit qui se dégage de cette récente commémoration du 5 mai et par cette exposition qui vient de s’ouvrir, qui atteste la sève, l’activité, la puissance ingénieuse de notre pays. Certes ce ne sont pas les contre-temps qui ont manqué. On dirait que depuis quelques années et jusqu’à la dernière heure, toutes les passions conjurées ont fait ce qu’elles ont pu pour fausser, dénaturer ou contrarier ces deux grandes manifestations qui se préparaient, le Centenaire et l’Exposition universelle. Les partis n’ont trouvé rien de mieux que de redoubler de violences, de s’agiter plus que jamais, de nous assourdir de leurs batailles stériles, de crises ministérielles et parlementaires. Rien en vérité n’a été négligé pour nous donner aux yeux du monde l’air d’une nation qui ne sait plus où elle en est ni ce qu’elle veut, que ranarcliie et la dictature vont se disputer. Eh bien ! non, et c’est justement ce qu’il y a de curieux. Au dernier moment, cette France toute factice des partis et des factions s’est évanouie ; il n’est plus resté que la France vraie et vivante, sensée et laborieuse, qui se retrouve toujours quand il le faut, qui s’est retrouvée une fois de plus dans ces manifestations du centenaire et de l’exposition aussi caractéristiques l’une que l’autre.

Qu’est-ce en effet que cette fête commémorative qui a été célébrée le 5 mai à Versailles et dans toutes les communes de France ? Elle a eu précisément ce caractère de ne consacrer la victoire d’aucun parti, de