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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 92.djvu/801

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II. LE CONSERVATISME AUX ÉTATS-UNIS. [1]


Les États-Unis, dans leur vaste étendue, se composent de tant d’élémens disparates, le bien et le mal y prennent des formes tellement inattendues et contradictoires, que l’aspect général de l’ensemble est très difficile à saisir. Comment s’y reconnaître au milieu du tourbillon d’activité auquel se livre à corps perdu une grande nation libre, avide à la fois d’égalité et de richesses, mobile dans ses choix et fidèle à ses traditions, possédée de la lièvre des entreprises les plus hardies et restant sobre d’esprit jusque dans l’enivrement de ses succès ? Les conflits d’intérêts et d’opinions, le tumulte incessant de cet immense mécanisme politique et social fonctionnant à toute vapeur, empêchent d’entendre la note dominante ou de surprendre au passage le trait caractéristique.

Spontanément les Américains ont donné leur cœur et leur confiance à la démocratie, non à la révolution. Néanmoins, malgré des

  1. Voyez la Revue du 15 février.