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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 92.djvu/713

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




31 mars.

On y arrivera, c’est bien certain. On touche déjà presque au jour où va se déployer pour la France et pour le monde cette exposition qui devrait être le signal d’une trêve de quelques mois, qui reste, après tout, le point lumineux de l’année, en attendant le point sombre de l’automne, des élections. On y arrivera de toute façon, il le faut pour la bonne renommée de notre pays, toujours hospitalier.

Ce ne sera pourtant pas sans peine : non pas qu’il y ait à craindre de ces séditions, de ces désordres matériels dont on a cherché quelquefois à effrayer les autres nations ; mais avant d’atteindre ce jour des fêtes publiques, des somptuosités de l’industrie moderne, il n’est pas dit qu’il n’y aura pas encore des écueils à franchir, des difficultés à vaincre, peut-être même quelque crise à traverser. On pourrait le croire, du moins, à voir comment la politique continue à se traîner à travers les excitations violentes, les incohérences, les embarras inextricables et les incidens plus que médiocres. Tantôt c’est un débat scandaleux qui dévoile les misères des mœurs parlementaires, où l’honneur même des hommes publics est en cause et où la hardiesse de la défense ne suffit pas à tout pallier ; tantôt c’est une discussion de simple comptabilité qui révèle les habitudes de gaspillage, le dédain obstiné, systématique de toutes les règles dans l’administration des ressources de l’état. Un jour, c’est le gouvernement qui, même en ayant la raison pour lui, essuie échec sur échec et ne peut se dérober que par la retraite à des votes qui atteignent son autorité déjà assez incertaine ; un autre jour, c’est un désastre financier qui éclate à l’improviste comme un cruel avertissement et provoque des explications où un garde des sceaux, égaré dans les subterfuges, n’est sauvé du naufrage