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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 92.djvu/682

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l’article 13 du même traité, le gouvernement chinois consent à ne mettre aucune restriction à l’emploi des sujets chinois par des sujets britanniques dans les limites de la loi. » L’article 5 de la convention de Pékin, signée le 24 octobre 1860, dispose : « Aussitôt que les ratifications du traité de 1858 auront été échangées (elles le furent le même jour, 24 octobre 1860), Sa Majesté l’empereur de Chine rendra un décret ordonnant aux hauts fonctionnaires de toutes les provinces de proclamer dans l’étendue de leur juridiction que les Chinois, désireux de trouver un emploi dans les colonies britanniques et autres pays d’outre-mer, sont entièrement libres de contracter des engagemens à cet effet avec des sujets britanniques et de s’embarquer à bord de tout vaisseau britannique dans les ports ouverts de l’Empire ; de plus, les hauts fonctionnaires susdits s’entendront avec le représentant de Sa Majesté britannique en Chine pour instituer tels règlemens que les conditions spéciales à chaque port rendront nécessaires pour la protection des Chinois émigrant ainsi que convenu. »

Il semblait difficile aux ministres de la reine qui avait signé ces traités de nier les engagemens précis et solennels qu’ils renferment. C’est cependant ce que n’hésitèrent pas à faire, au nom du gouvernement, deux membres du Colonial Office. Le baron H. de Worms dit, le 1er juin, aux communes : « Encore que l’empereur de Chine se soit engagé par traité à ne point empêcher ses sujets de quitter la Chine pour émigrer aux colonies britanniques, le gouvernement de Sa Majesté la reine ne s’est nullement engagé, de son côté, à garantir aux émigrans chinois l’entrée des colonies britanniques selon leur bon plaisir ; en somme, l’engagement n’a pas été réciproque. » Le 8 juin, lord Knutsford déclarait à la chambre haute que, « selon lui, il n’y avait pas de raison de supposer que les mesures législatives (irises par les Australiens fussent en contradiction avec le traité de Tien-tsin. » Les écrivains irresponsables de la presse vont plus loin encore : un correspondant du Globe (14 juin 1888) déclare crûment : « Le traité de Tien-tsin était notre traité, non celui de la Chine… La clause de la nation la plus favorisée nous a été concédée, mais nous n’avons nullement accordé la réciprocité. »

Un correspondant du Times, homme fort compétent [1], répond longuement à ces interprétations diverses : Les Chinois, dit-il en substance, ont ou n’ont pas le droit de pénétrer dans les possessions britanniques. La distinction que le baron de Worms veut établir, à savoir que, si le traité suppose que les Chinois seront admis

  1. Nous avons des raisons de croire qu’il n’eut autre que sir Halloway Macartney, secretaire de l’ambassade chinoise à Londres, qu’en fait il dirige.