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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 92.djvu/652

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Pendant l’hiver 1877-1878, il a employé à cette exploration le grand réfracteur de l’observatoire de Washington ; il a fini par mettre son espoir dans la photographie, qui paraît appelée à rendre ce genre de recherches beaucoup plus facile. M. Todd fonde sa conviction de l’existence de la planète sur l’examen des derniers résidus des Tables d’Uranus, auxquels il a appliqué un procédé graphique très simple, indiqué par sir John Herschel à propos des perturbations d’Uranus dues à Neptune. Ce qui l’a fortifié dans cette conviction, c’est l’accord très probablement fortuit de son résultat avec celui auquel a été conduit M. G. Forbes par la considération d’un prétendu groupement des aphélies des comètes périodiques, dont les distances au Soleil coïncideraient plus ou moins exactement avec les distances moyennes des grosses planètes. Ayant trouvé, d’autre part, sept comètes dont les distances aphélies approchent de 100, et six dont les distances aphélies approchent de 300 (l’unité étant toujours le rayon de l’orbite terrestre), M. Forbes en conclut qu’il pourrait y avoir deux planètes transneptuniennes, situées respectivement aux distances 100 et 300, et dont la puissante attraction aurait conquis ces comètes au système solaire. Les comètes ainsi capturées pourraient alors nous renseigner sur la position actuelle de la planète à laquelle nous les devons, et qui a dû jadis se trouver à proximité de leurs aphélies. Mais, abstraction faite du peu de valeur de ces prémisses, les données numériques sur lesquelles reposent les calculs de M. Forbes ne supportent pas l’examen. L’accord des résultats de M. Forbes et de M. Todd ne signifie plus rien quand on voit comment ces résultats ont été établis. Malgré tout, la planète transneptunienne pourrait très bien un jour apparaître à nos regards étonnés sur un des clichés qui serviront à préparer la carte générale du ciel.

L’astronomie physique, elle aussi, voit s’ouvrir devant elle des horizons nouveaux. Je ne parlerai pas ici longuement des photographies du soleil et de la lune ; il y a longtemps qu’on a pu en voir qui sont d’une grande beauté. On sait avec quel succès M. Janssen, à Meudon, poursuit l’application de la photographie à l’étude des phénomènes solaires. Des recherches du même genre se font à Potsdam, et M. Wilsing, en relevant sur une centaine d’épreuves les positions des groupes de facules, est arrivé à cette conclusion inattendue, que (contrairement à ce qui a eu lieu pour les taches) la vitesse de rotation des facules est la même pour tous les parallèles, et égale à celle de l’équateur. Le retard du mouvement des taches explique très bien pourquoi celles qui naissent au