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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 92.djvu/634

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généralement mesurée avec le plus de parcimonie. C’est dans ces situations que la réunion d’un congrès, avec sa publicité solennelle, ses programmes persuasifs et ses vœux impérieux, offre toujours le moyen le plus sûr de venir à bout des résistances inspirées par une économie mal entendue.

Le congrès qui a siègé à l’Observatoire de Paris, il y a deux ans, et qui avait été convoqué par l’amiral Mouchez, sous les auspices de l’Académie des sciences, avait en vue, avant tout, l’exécution d’une carte du ciel. Il comprenait une cinquantaine d’astronomes, venus de tous les points de la terre, quelques-uns déjà familiarisés de longue main avec la pratique de la photographie céleste.

Il serait fastidieux d’énumérer ici, encore une fois, toutes les tentatives qui avaient été faites, depuis Daguerre, pour mettre la photographie au service de l’astronomie descriptive et de l’astronomie de précision. Rappelons seulement que la partie la plus difficile du problème, la reproduction photographique des étoiles, avait été abordée avec quelque succès en Amérique, par G. -P. Bond, aussitôt que l’introduction du procédé au collodion permit d’abréger la durée des poses ; vers 1857, il était déjà parvenu à photographier les étoiles jusqu’à la 6e ou la 7e grandeur. Ces essais furent repris, quelques années plus tard, en Angleterre par M. Warren de La Rue, puis en Amérique, avec un succès toujours croissant, pur M. Rutherfurd et par M. B. -A. Gould. Chargé de la direction de l’observatoire de Cordoba, sous le beau ciel de la République Argentine, M. Gould commença ses travaux dans cette voie vers 1875, et parvint à réunir, en quelques années, une collection de plus de mille photographies stellaires du plus haut intérêt. Après avoir expérimenté lui-même les lenteurs des procédés au collodion humide, il avait pu, dans les derniers temps, utiliser les plaques sèches au gélatinobromure d’argent, dont l’invention marque uni-phase nouvelle de la photographie céleste [1]. Il faut enfin mentionner ici les essais de photographie stellaire de Henry Draper, de MM. Ainslie Common et Isaac Roberts, qui ont étudié les avantages respectifs des lunettes et des télescopes à miroir argenté ; de M. Pickering, qui a fait construire pour l’observatoire de Harvard-Collège, à Cambridge (Etats-Unis), un équatorial photographique spécial destiné à l’exécution rapide de cartes célestes à une échelle modérée ; de M. David Gill, l’éminent directeur de l’observatoire du cap de lionne-Espérance, qui a commencé en 1885 une révision photographique du ciel austral, comprenant les étoiles jusqu’à la

  1. Rayet, Notes sur l’histoire de la photographie astronomique. (Bulletin astronomique, t. IV, p. 318.)