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Page:Revue des Deux Mondes - 1889 - tome 92.djvu/484

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nouvelle réserve peut-être plus d’une difficulté à l’Europe dans ses relations avec la grande république américaine.

Ch. de Mazade.

LE MOUVEMENT FINANCIER DE LA QUINZAINE.

De graves événemens se sont passés pendant la première semaine de mars sur notre marché financier. Déjà à la fin du mois dernier, le krach de la spéculation sur les cuivres, depuis longtemps prévu, avait éclaté. La Société des métaux, qui valait il y a peu de temps encore 900 francs, était tombée au-dessous de /lOO francs; le Rio-Tinro, que les acheteurs poussaient naguère à 650, était violemment ramené à 450 fr. Les rumeurs les plus fâcheuses circulaient sur la situation d’un de nos plus grands établissemens de crédit, le Comptoir d’escompte, que l’on disait intéressé, dans des proportions périlleuses, aux opérations du syndicat des métaux.

On ne soupçonnait malheureusement qu’une partie de la vérité. Même la constitution in extremis d’une Compagnie auxiliaire des métaux au capital de 40 millions, qui se proposait d’émettre pour 120 millions d’obligations et pour 100 millions de warrants sur cuivre, avait pu un instant faire illusion sur la possibilité, pour le syndicat, de se tirer, sans trop d’avaries, de sa déplorable entreprise. Pour les plus avisés cependant, cette création d’une Compagnie auxiliaire était l’indice d’une catastrophe prochaine, un expédient désespéré. Les journaux anglais, organes du syndicat des fondeurs de cuivre, adversaires acharnés du syndicat français, dénonçaient impitoyablement chaque mois l’accroissement du stock et prédisaient l’effondrement inévitable. Ils n’ont eu que trop raison, et la chute a eu lieu au moment même de la liquidation. Tandis que des spéculateurs hardis faisaient monter la rente de deux points jusqu’à 85.35, d’autres, ou les mêmes peut-être, vendaient sans rémission des actions du Rio-Tinto, de la Société des métaux et déjà même du Comptoir d’escompte. Le syndicat, qui avait épuisé toutes ses ressources, s’est trouvé incapable de se défendre. Il portait le poids d’un stock de 130,000 tonnes de cuivre, achetés à des prix élevés et représentant une somme de