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L’ALLEMAGNE
IL Y A CENT ANS

I. Woldemar Wenck, Deutschland vor hundert Jahren. Leipzig, 1887. — II. L. von Ranke, Die deutschen Mächte und der Fürstenbund. — III. H. von Treitschke, Deutschland im XIXe Jahrhundert, t. I. — IV. Karl Klüpfel. Die deutschen Einheitsbestrebungen.

« C’est le tocsin, avait dit Swedenborg, qui sonnera le glas du XVIIIe siècle. » Plus le siècle approchait de sa fin, plus les prophéties de ce genre se multipliaient. « l’Europe, écrivait Schubart en 1787, est de plus en plus mûre pour une grande révolution, que les hommes d’état expérimentés ont prévue depuis longtemps. » Et George Forster, le brillant écrivain qui devait jouer un rôle si important à Mayence sous la domination française, écrivait en 1788 : « Partout on désire un changement des formes présentes ;.. la raison se soulève contre la tyrannie politique,.. la fermentation universelle annonce un nouveau maître et une nouvelle doctrine. » La révolution française n’a donc pas éclaté « comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. » Jamais révolution ne fut moins imprévue. Loin de s’affaiblir, le grand mouvement d’idées qui avait agité l’Europe allait s’étendant et se renforçant. Déjà l’on ressentait les premières secousses, signes certains d’un bouleversement inévitable.

En France surtout une révolution paraissait imminente. Nulle