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Page:Revue des Deux Mondes - 1888 - tome 89.djvu/893

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VIII. — LA DÉFECTION DES ETATS ALLEMANDS ET DE L’ANGLETERRE.

La situation des trois cours devenait embarrassante. L’empereur, en dépit de leurs conseils et de leurs réserves historiques, avait pris le titre de Napoléon III. D’après les lois rigides de la logique, elles auraient dû rompre avec un gouvernement qui tenait si peu compte de leurs protestations préventives, ne pas renouveler les lettres de créance de leurs envoyés et ne plus entretenir provisoirement, à Paris, que de simples chargés d’affaires. Mais leurs intérêts étaient trop divergens pour autoriser une détermination aussi grave. La guerre, et surtout une guerre de nationalité, après les cuisantes épreuves de 1848, leur inspirait de légitimes appréhensions ; aussi passèrent-elles condamnation sur le fait accompli de la proclamation de l’empire, et les approuvèrent même les déclarations du nouveau souverain ; mais, au lieu de lui faire oublier les piqûres faites à son amour-propre, par de l’empressement et de la bonne grâce, elles jugèrent à propos de se concerter à nouveau au sujet de son titre. Loin de fermer ta blessure, elles l’envenimaient. Elles furent mal inspirées en retardant leurs décisions ; Napoléon III