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Page:Revue des Deux Mondes - 1888 - tome 89.djvu/639

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parce que les rapports publiés en Russie n’ont pas toujours la notoriété qu’ils méritent, et que la différence entre les mesures et poids employés dans les comptes rendus des deux pays les rend peu commodément comparables, quand il s’agit de longues séries de chiffres [1]. C’est donc un sujet doublement intéressant par son importance et par sa nouveauté que je vais essayer d’examiner ici, en profitant de plusieurs documens, soit inédits, soit peu connus. Mais avant d’aborder cette étude, jetons un rapide coup d’oeil sur les contrées qui produisent la plus grande quantité de pétrole, en dehors des États-Unis et de la Russie.


I

En Asie, c’est le Burmah britannique qui paraît occuper le premier rang sous ce rapport, car, selon les documens officiels anglais, la quantité de pétrole brut que fournit ce pays dans une année se monte à 120,960 tonnes (de 1,000 kilogrammes), ce qui lui assurerait la seconde place après la Russie.

La Chine a produit, en 1882, 82,410 tonnes de pétrole. Le Japon possède des sources de pétrole qui avaient fait naître les plus grandes espérances, sans qu’elles aient été justifiées, car, en 1882, le produit n’était que de 55,117 tonnes [2] ; mais comme les sources ne sont exploitées que par les indigènes, rien ne prouve que, soumises aux pratiques de l’exploitation européenne, elles ne puissent donner de tout autres résultats. Cette supposition devient très probable, quand on considère le peu de parti que le Japon a tiré jusqu’à présent des énormes dépôts de houille qu’il possède. En effet, ceux de l’île de Jeso sont tellement riches, que, par un calcul approximatif, M. Lyman les évalue à 400 milliards de tonnes, et pense qu’ils suffiraient pour subvenir à la consommation actuelle du monde pendant vingt siècles ; et, cependant, l’exploitation de ces inépuisables trésors ne fournit au Japon qu’un produit limité, puisqu’en 1879 il n’était que de 350,000 tonnes.

La Perse paraît être fort riche en gîtes de naphte, qui, sous un gouvernement plus éclairé, ne manqueraient pas d’acquérir une grande importance. MM. Stolze et Andréas ont récemment publié sur ce sujet des renseignemens intéressans. Parmi les sources qu’ils signalent figurent celles situées au sud-est de Schuster et au sud de Dalaki, qui, exploitées d’une manière moins primitive qu’elles

  1. Le poud russe vaut 16k, 380, le barrel américain contient 151 lit. 4, qui représentent 127 kil. de pétrole.
  2. Petermann’s Mittheilungen.