Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1888 - tome 89.djvu/638

Cette page n’a pas encore été corrigée


Si le charbon de terre est devenu l’une des conditions essentielles de notre civilisation moderne, le pétrole peut réclamer, à juste titre, non-seulement un rang tout aussi élevé, mais encore l’avantage de remplacer un jour le précieux combustible, dont nous connaissons assez l’extension géographique pour avoir lieu d’éprouver la crainte de le voir épuisé tôt ou tard, à la suite de demandes constamment croissantes. Or, c’est à l’époque de cette crise fatale que le pétrole viendra rétablir l’équilibre rompu entre les exigences les plus urgentes de la société et les moyens de les satisfaire.

Quoique les dépôts de pétrole soient bien moins connus que ceux de la houille, car ils n’ont pas encore été explorés autant que ces derniers, n’ayant été que récemment appréciés à leur juste valeur, néanmoins, il y a déjà deux contrées qui en fournissent des quantités énormes, bien supérieures à ce que produisent les autres pays ; ce sont les États-Unis et la Russie ; c’est donc une question grave que celle de savoir laquelle des deux contrées est appelée à obtenir, dans cette lutte, le monopole des marchés du monde, et à devenir ainsi l’une des plus puissantes sauvegardes du progrès et de la civilisation.

Jusqu’à ce jour, cette question n’a pas reçu de solution ; peut-être