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Page:Revue des Deux Mondes - 1888 - tome 89.djvu/377

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trente-deux membres du conseil, quatre-vingt-seize notables, un procureur de la commune et deux substituts ; le maire, les administrateurs, le procureur et les substituts jouissaient de traitemens asse ? élevés. La commune insurrectionnelle du 10 août fut mise hors la loi et dissoute après la journée du 9 thermidor an u ; un décret du 14 fructidor remit l’administration de Paris entre les mains de la Convention, et la loi du 19 vendémiaire créa douze municipalités, dont les membres furent nommés par le Directoire, avec des attributions insignifiantes ; un bureau central, composé de trois administrateurs, d’un commissaire, d’un secrétaire, exerçait en fait le pouvoir. Par la loi de pluviôse an VIII (17 février 1800), le premier consul divise l’autorité entre deux préfets, nomme un conseil de seize membres, qui n’ont d’autre mission que de délibérer sur les questions qu’on leur soumet. Sous la monarchie de Juillet, on revient, en 1834, au principe de l’élection ; mais, avec la république de 1848, on retombe dans le régime des commissions, qui se perpétue pendant toute la durée du second empire. Ainsi les deux premières républiques se montrent moins libérales envers Paris que l’ancienne et la nouvelle monarchie.

La loi du 16 septembre 1871 attribue à Paris un conseil municipal élu par le suffrage universel, mais place celui-ci sous la tutelle des deux préfets. On lui a aussi accordé la publicité de ses séances, et il attend toujours une loi organique. Le sénat vient de rejeter un projet voté par la chambre, qui établissait un conseil-général de la Seine distinct du conseil municipal de Paris. On sait que, nouveaux maîtres Jacques, nos édiles cumulent les fonctions de conseillers municipaux et de conseillers-généraux pour la capitale, De là, sans doute, des inconvéniens pour les communes suburbaines ; mais MM. Bar doux, Léon Renault et Buffet ont démontré au sénat que ces inconvéniens ne pesaient guère à côté des avantages de l’unité de direction, que la limite entre l’intérêt départemental et l’intérêt municipal à Paris est presque impossible à établir, et que, si la mairie centrale n’était pas dans le projet, elle se cachait derrière.

On a mis en avant bien d’autres propositions : en 188a, M. Léon Roquet a demandé la division de Paris en vingt communes, ayant chacune leurs conseils, maires et adjoints électifs, reliées par un conseil-général métropolitain ; MM. Laroche-Joubert et Galla auraient préféré que le conseil municipal fût nommé, soit par les départemens, soit par la chambre et le sénat ; M. Anatole de la Forge réclamait la mairie centrale, M. Léon Bienvenu proposait de rattacher la police parisienne à l’état, de constituer un pouvoir exécutif collectif, composé de dix membres élus par le conseil, et dont le