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Page:Revue des Deux Mondes - 1888 - tome 89.djvu/141

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rigoureuses expériences que nous avons décrites, qu’ils allaient, à l’instar de ces calculs astronomiques qui révèlent l’existence d’un astre inconnu et l’endroit précis du ciel où il se dérobe encore invisible, inspirer toute une série de découvertes médicales, devenues désormais faciles. Ainsi, la nature animée de la contagion était désormais démontrée, le résultat de la recherche du microbe d’une maladie contagieuse quelconque devenait pour ainsi dire une conquête assurée. Ce n’était plus qu’une question d’habileté dans la technique des manipulations. Inversement, il suffisait de démontrer qu’une maladie était d’origine microbienne pour qu’on fût en droit d’affirmer, même en l’absence de faits observés, que cette maladie était, directement ou indirectement, mais certainement contagieuse. Et c’est même ce qui est arrivé pour une maladie bien connue, la pneumonie, la vulgaire fluxion de poitrine, dont les médecins n’avaient pas su reconnaître la contagiosité par l’observation, et qui, une fois établie sa nature microbienne, est devenue le sujet d’observations nombreuses qui montrent à l’évidence qu’elle est contagieuse et épidémique.

Dans le court espace de huit années qui nous sépare aujourd’hui de cette époque du début de la bactériologie, les maladies dont la nature microbienne a été mise hors de doute sont si nombreuses, tant parmi les maladies spéciales aux animaux que parmi celles de l’homme, que la liste en serait trop longue pour être donnée ici. Nous parlerons seulement de celles qui sont le plus répandues, et dont il est d’intérêt général de connaître l’origine.

Une des premières et des plus belles découvertes de cette période est assurément celle du microbe de la tuberculose, faite par M. Koch en 1882. Sous le nom général de tuberculose, on comprend aujourd’hui tout un ensemble d’affections locales, ayant une tendance plus ou moins grande à la généralisation et entre lesquelles, avant l’époque actuelle, on n’établissait parfois aucune parenté. La forme la plus commune de la tuberculose est la phtisie pulmonaire, mais il est maintenant démontré que les lésions, si nombreuses et si variées, attribuées à la scrofule, et aussi certaines maladies de la peau, sont de la même nature et reconnaissent la même cause que la phtisie pulmonaire. Il faut dire que la découverte du microbe de la tuberculose avait été précédée de la découverte, bien autrement importante et bien autrement difficile à faire accepter, de la contagiosité de cette maladie. En 1868, M. Villemin, l’illustre professeur du Val-de-Grâce, qui devrait être regardé, plus qu’il ne paraît l’être, comme une des gloires de la médecine militaire française, donna la preuve de ce fait, qui semblait renverser toutes les notions classiques, que la tuberculose est transmissible par inoculation, et, par suite, contagieuse. M. Villemin