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Page:Revue des Deux Mondes - 1887 - tome 84.djvu/962

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LE MOUVEMENT FINANCIER DE LA QUINZAINE.

Il était difficile, à la fin du mois dernier, de dire comment allait finir la crise présidentielle. La rue commençait à s’agiter ; des menaces d’insurrection étaient dans l’air ; la guerre civile était prêchée hautement dans les meetings anarchistes, et elle allait être préparée au conseil municipal. Le marché financier, au milieu de cette tourmente, ne s’est pas départi du plus grand calme. La hausse des fonds publics, qui venait de se produire au lendemain de la clôture des opérations relatives à la conversion du 4 1/2, se maintenait intacte en liquidation ; le 3 pour 100 ne perdait que 12 centimes (81.85) sur le cours de compensation du 31 octobre.

Cette liquidation, qui aurait pu être si laborieuse, a été au contraire étrangement facile. Reports modérés, capitaux abondans, prix rémunérateurs pour la spéculation haussière, tels en ont été les traits saillans ; on eût dit que rien ne s’était passé en politique qui pût porter atteinte aux affaires et au crédit.

L’amélioration des cours s’est accentuée aussitôt après la liquidation, et l’élection de M. Sadi Carnot à la présidence de la république a été accueillie comme un événement tout naturel ; il ne semblait pas qu’une autre solution eût jamais paru possible. Le 3 pour 100 a été porté à 82.70. S’il s’est ensuite maintenu à peu près immobile à ce cours, sans franchir immédiatement une nouvelle étape, ce n’est pas parce que de nouveaux motifs d’inquiétude ont surgi dans l’intervalle, c’est parce que la hausse réalisée provoquait nécessairement des réalisations de bénéfices, et que tout changement de cours quelque peu brusque est suivi d’un temps d’arrêt nécessaire pour la consolidation, même lorsque tout au dehors paraît favoriser la fermeté du marché.

Or, depuis l’élection de M. Sadi Carnot, on a eu la très courte, mais très vive alerte causée sur les places allemandes par la dénonciation de certaines concentrations de troupes russes en Pologne, et, de plus la crise présidentielle, une fois résolue, a laissé subsister une crise ministérielle d’un singulier caractère, qui n’a été close que dans la matinée du 13, par la publication dans le Journal officiel des noms des membres composant le nouveau cabinet.

Les articles alarmans des journaux d’Allemagne et d’Autriche ont à peine fait perdre à nos rentes 0 fr. 10 ou 0 fr. 15 pendant deux jours,