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Page:Revue des Deux Mondes - 1887 - tome 84.djvu/803

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I. LES LIEUX DE DÉTENTION PROVISOIRE. — LE VAGABONDAGE ET LA MENDICITÉ.


Dans une petite nouvelle intitulée l’Innocence d’un forçat, Charles de Bernard raconte la dramatique histoire d’un procès criminel où un galant homme se trouve injustement compromis en même temps qu’un forçat libéré, et il ajoute cette réflexion sarcastique : « Le forçat avait pour lui les amis de l’humanité, les philanthropes de profession, les émancipateurs de nègres, et tous les individus occupés de l’avenir des nations et du progrès social, race abondante en âmes sensibles, pour qui un homme parfaitement dédaigné tant qu’il est innocent devient, pour peu qu’il sorte du bagne, un être prodigieusement précieux et recommandable. » Je ne sais si la race des âmes sensibles est devenue moins abondante depuis l’époque déjà éloignée où écrivait