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Page:Revue des Deux Mondes - 1887 - tome 84.djvu/485

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parmi les valeurs pouvant servir de nantissement aux prêts sur gages a produit une très fâcheuse impression, en accusant avec une nouvelle vigueur la tension des relations entre les deux pays. On a répondu officieusement qu’il ne s’agissait pas là d’une mesure isolée, et que la Banque de l’empire d’Allemagne était résolue à étendre cette exclusion à toutes les valeurs étrangères. On peut trouver étrange à Saint-Pétersbourg, en tout cas, que la Banque ait cru devoir commencer par les valeurs russes, et cela quelques jours à peine avant la visite du tsar à Berlin. Les fonds russes ont brusquement baissé de plus d’une unité, mais se sont depuis relevés en partie, sans regagner leurs anciens cours.

La baisse de l’italien a été un motif non moins sérieux de découragement pour l’ensemble de la spéculation à la hausse. Il s’est produit une crise immobilière à borné. La fièvre des constructions y a sévi depuis quelques années, grâce aux facilités de crédit que de grands établissemens financiers offraient aux acquéreurs de terrains et aux entrepreneurs. Récemment, le crédit s’est resserré, et l’activité des constructions a dû se ralentir. De là un malaise général, mais non un krach au sens propre du mot. Une autre considération a encouragé la spéculation à vendre de la rente italienne, c’est que le déficit du budget atteindra au moins 80 millions, et se grossira encore des dépenses de l’expédition de Massaouah, le premier crédit de 20 millions étant épuisé. De 98.30, l’Italien a reculé rapidement à 96.62. A moins de complications nouvelles et imprévues, on peut présumer que la baisse n’ira guère plus loin, la perspective du coupon à détacher dans six semaines devant bientôt ramener des acheteurs.

L’Extérieure a baissé d’une unité, 66 1/2 au lieu de 671/2, de même le Hongrois, 80.60 au lieu de 81.60, de même le Portugais à 56.75. Les valeurs turques ont eu pendant quelques jours Une tendance meilleure : la rente atteignait 14.15, et la Banque ottomane 500. Cette progression était fondée sur la probabilité du maintien prolongé du statu quo dans la péninsule des Balkans, et sur l’annonce de résultats plus satisfaisans obtenus dans l’exploitation de la Régie des tabacs. Le courant général a ramené ces titres aux anciens cours, 13.82 et 492. L’Unifiée a reculé de 3 fr. 75, après détachement du coupon semestriel.

Ainsi, la plupart des fonds d’état, — les Consolidés étant tenus en dehors ainsi que les rentes étrangères, qui ne donnent lieu qu’à de très rares transactions au comptant sur notre place, telles que les rentes belge, hollandaise, suédoise, etc., — ont baissé très notablement cette quinzaine, et, de ce chef seul, il eût été difficile à nos propres fonds de se tenir au niveau précédent. Le recul est de 1 fr. 02 sur le 3 pour 100, de 0 fr. 70 sur l’amortissable, de 1 fr. 50 sur le 4 1/2 ancien et de 0 fr. 82 sur le h 1/2 nouveau, la comparaison étant établie