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Page:Revue des Deux Mondes - 1887 - tome 84.djvu/460

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Théâtre-Libre : Sœur Philomène, pièce en 2 actes, tirée du roman de MM. Edmond et Jules de Goncourt, par MM. Jules Vidal et Arthur Byl. — Gymnase : l’Abbé Constantin, comédie en 3 actes, tirée du roman de M. Ludovic Halévy, par MM. Hector Crémieux et Pierre Decourcelle. — Odéon : l’Agneau tans tache, comédie en 1 acte, de MM. Armand Ephraïm et Adolphe Aderer.


Je tremblais pour Sœur Philomène : j’ai tant d’attache à ce petit roman ! Parmi les œuvres de MM. de Goncourt, il en est que j’estime plus robustes ou plus curieuses ; mais j’aime celle-ci entre toutes. Je lui garde une tendresse, une piété, singulières. Je n’ignore pas que, chez beaucoup d’âmes classiques, le nom seul de ces novateurs, — entré de force avec le bruit d’ouvrages plus récens, — éveille la méfiance ou même l’horreur : s’il s’en trouvait, dans le nombre, quelqu’une de mes amies, c’est de Sœur Philomène que je ferais choix pour l’apprivoiser. Il ne me paraît pas qu’on puisse résister à son charme : on doit l’aimer comme une personne. Et, au fait, n’est-ce pas de la personne de l’héroïne qu’émane cette influence ? Et vous et moi, si nous sommés attirés vers elle, n’est-ce pas en communion aven les auteurs ? Leur sympathie entraîne la nôtre, et si la figure qu’ils nous présentent est particulièrement aimable, c’est qu’ils l’ont particulièrement aimée. J’entends qu’ils l’ont choyée, en la modelant et l’animant, juste avec le sentiment qu’il fallait : une dilection spéciale, qui se pourrait définir une