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Page:Revue des Deux Mondes - 1887 - tome 84.djvu/107

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I

Avec l’année 1809 s’ouvre une nouvelle phase dans les opérations navales dont les mers de l’Inde sont le théâtre. Nous prenons tout à coup l’ascendant, un incontestable ascendant, sur l’ennemi. Ce résultat est dû à trois capitaines : Duperré, Bouvet et Hamelin. Le commodore Rowley rétablit peu à peu, par sa prudence, par son activité, par son énergie, la situation que des officiers téméraires ont compromise d’une façon qui semble irrémédiable. L’honneur de la marine anglaise, dans cette période, est sauf : la gloire de la marine française n’en est que plus grande. J’ai eu le très appréciable avantage, quand j’étais enseigne de vaisseau, d’être présenté à l’amiral Rowley, commandant de l’escadre de la Méditerranée après le départ de l’amiral Malcolm. Le capitaine Lalande voulut bien m’expliquer, à cette occasion, les motifs qui lui faisaient tenir en si haute estime les services de l’officier-général devant lequel il inclinait respectueusement sa renommée naissante. Je n’hésite jamais à rendre justice à nos anciens ennemis : l’histoire ne doit pas être faite de patriotisme, mais de vérité.

Au mois de mars 1808, pendant que la Sémillante, convertie en