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Page:Revue des Deux Mondes - 1887 - tome 81.djvu/913

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L’activité des sculpteurs ne se limite pas à la production des groupes et des statues. Comme d’ordinaire, toutes les allées du jardin sont bordées par une trop longue rangée d’innombrables bustes, les uns excellens, les autres médiocres, quelques-uns grotesques, au milieu desquels on distingue d’abord celui de M. Jules Ferry par M. Guillaume, celui de Ballu par M. Barrias, ceux de M. Auguste Vacquerie et de M. Paul Avenel par M. Dalou, celui de Martinet par M. Gautherin, celui de Carpeaux par M. Saint-Vidal, celui de Beaumarchais par M. Allouard, celui de Mlle Marie Bashkirtseff par M. Longepied, etc. Beaucoup de statuaires modèlent d’excellens portraits en médaillons et rivalisent avec les médailleurs de profession, devenus depuis quelques années si habiles, grâce à l’initiative de MM. Ponscarme et Chaplain, qui n’exposent pas cette année, mais dont l’heureuse influence se fait sentir dans presque tous les ouvrages de leurs confrères. Il nous est impossible d’entrer dans l’examen de toutes ces différentes séries de productions, mais il est juste de constater qu’on y retrouve partout l’application sérieuse et générale des excellens principes auxquels s’attache avec raison notre école de sculpture, et que les défaillances rapides et les inquiétudes malsaines y sont plus rares que dans la section de peinture. Ce n’est pas la première fois, dans notre pays, que les sculpteurs, grâce à l’opiniâtreté paisible de leurs travaux silencieux, auront sauvé les traditions nationales ; dans presque toutes les périodes de transition, aux XVe, XVIe et XVIIe siècles, sans parler des époques antérieures, on les voit remplir obscurément ce rôle glorieux. Ce n’est point en ce moment qu’ils y doivent renoncer.


GEORGE LAFENESTRE.