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Page:Revue des Deux Mondes - 1887 - tome 81.djvu/876

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reçues par la nappe des puits, a été maintes fois reconnu, et il y a lieu d’être surpris que, sous un sol habité depuis des siècles, où elle a été si longtemps viciée par des infiltrations pernicieuses, la couche en soit assez peu imprégnée pour que son eau soit encore potable.

Parmi les corps simples ou composés que peuvent renfermer les eaux, souterraines, les plus communs sont les gaz oxygène, azote et acide carbonique, des chlorures, des carbonates, des sulfates, des silicates, sels à base de chaux, de magnésie et de soude, ainsi que : des substances organiques. Par suite de ces dissolutions, elles peuvent cesser d’être buvables et même propres aux usages domestiques.

Mais l’eau fait parfois aussi dans son parcours souterrain des acquisitions utiles. Quand les sources méritent d’être employées comme agens thérapeutiques, elles sont qualifiées de minérales. On étend quelquefois ce nom à d’autres, que leur température élevée rend susceptibles d’applications analogues, lors même qu’elles contiennent seulement, une quantité de matières étrangères très faible et inférieure à celles de beaucoup d’eaux potables. Ce dernier cas se présente dans les localités si fréquentées de Plombières, Gastein, Pfeffers et Barèges. D’après leur composition chimique, les sources minérales se rangent en plusieurs groupes et sous-groupes, dont la connaissance importe beaucoup, mais qui ne sauraient cependant nous occuper ici.

Le chlorure de sodium ou sel marin est fréquemment en quantités si faibles qu’il ne se laisse pas reconnaître à sa saveur, pourtant si caractéristique. Ce corps provient de roches très répandues, qui en renferment des traces. Il est d’autres sources où la dose de sel est beaucoup plus forte, comme à Salins, Salies, Kissingen et beaucoup d’autres qualifiées salées. Celles-ci empruntent leur salure élevée à des bancs de sel gemme, que l’on trouve aujourd’hui avantageux d’aller chercher directement, au moyen de forages et de puits.

C’est dans des conditions analogues que le sulfate de chaux (gypse, pierre à plâtre) se dissout dans les nappes d’eau. Déjà Lavoisier remarquait sa fréquence, lors de son étude sur les eaux d’une partie de la France. De son côté, Belgrand, dès ses premières recherches sur les moyens d’approvisionner les fontaines de Paris dans les meilleures conditions, avait été frappé, de voir apparaître le sulfate de chaux dans tous les cours d’eau, aussitôt qu’ils quittent la craie pour passer sur les couches tertiaires. Le gypse est, en effet, répandu dans celles-ci, parfois en masses considérables et toujours à l’état très divisé ; sa solubilité rend compte de sa forte proportion dans beaucoup de sources, telles que celle de Belleville.