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Page:Revue des Deux Mondes - 1886 - tome 76.djvu/144

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LA

CRITIQUE MUSICALE

AU SIÈCLE DERNIER

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RAMEAU ET LES ENCYCLOPÉDISTES.

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I. Ad. Jullien : la Musique et les Philosophes au XVIIIe siècle. Paris, 1873. — II. A. Pougin : Rameau, Essai sur sa vie et ses œuvres. Paris, 1870. — III. Gustave Isambert : Notice sur le neveu de Rameau. Paris, 1883. — IV. Albert Jansen : Jean-Jacques Rousseau als Musiker. Berlin, 1884. — V. Correspondance littéraire, (édition Tourneux). Paris, 1877-1882. — VI. Diderot : Œuvres complètes (édition Assézat). Paris, 1876.

Jean-Philippe Rameau venait de terminer sa longue carrière. Paris lui avait fait des funérailles nationales, et les grandes villes du royaume s’apprêtaient à célébrer sa mémoire. Grimm, qui, depuis dix ans, le poursuivait de ses sarcasmes dans sa Correspondance, saisit cette dernière occasionne lui décocher quelques traits : « Rameau, dit-il, a eu en France le sort de tous les grands hommes ; il a été longtemps persécuté avec acharnement. Parce qu’un nommé Lulli avait platement psalmodié les poèmes lyriques de Quinault sous le règne de Louis XIV, on accusait Rameau de détruire le bon goût, et d’avoir porté un coup mortel à l’opéra français. Lorsqu’ensuite la musique italienne fit des progrès en France, les ennemis les plus violens de Rameau passèrent de leur acharnement à l’admiration la plus