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Page:Revue des Deux Mondes - 1886 - tome 74.djvu/838

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Qu’entend-on par la séparation de l’église et de l’état ? Comment la conçoit-on chez nous et comment la pratique-t-en au dehors ? Quelles en seraient les conséquences dans notre France de la fin du XIXe siècle ? Autant de questions qu’il eût semblé oiseux d’aborder il y a quelques années. L’heure vient où ce qui paraissait du domaine de la théorie, pour ne pas dire de l’utopie, pourrait bien passer dans les faits. Les événemens marchent, les événemens nous poussent, et, loin d’avoir la prétention de les diriger, nos gouvernans se laissent humblement mener par eux là où souvent ils préféreraient ne pas aller. Des mesures que le pays ne réclame pas, auxquelles le pays, pris dans son ensemble, est manifestement contraire, sont votées par des majorités qui en réalité ne s’en soucient point, qui parfois même y répugnent, et qui les votent, parce qu’elles y sont entraînées par leurs votes antérieurs, parce qu’elles n’osent point revenir sur leurs pas et se séparer de minorités exigeantes qu’elles ont suivies trop loin pour ne pas craindre de les abandonner. C’est là qu’est le péril de la situation actuelle.

Cela semble particulièrement vrai des affaires religieuses. Le gouvernement et ses majorités s’y sont jetés en aveugles, en se