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Page:Revue des Deux Mondes - 1886 - tome 74.djvu/795

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La connaissance des événemens auxquels un pays doit sa configuration, des êtres qu’il a possédés, des aspects qu’il a présentés d’époque en époque ; cet ensemble de variations, pour tout dire, dont une région donnée a été jadis le théâtre, c’est à la géologie et au cortège de sciences groupées autour d’elle que nous sommes redevables de les avoir saisies et de pouvoir les exposer. C’est d’elle que relève ce merveilleux instinct qui nous entraine au fond des âges et nous fait assister en spectateur désintéressé à des révolutions dont le sens nous ferait défaut si la géologie n’était là, prête à le découvrir. Ce mot de révolution, si facilement employé, ne saurait pourtant faire illusion outre mesure, ni être pris dans une acception par trop humaine. Nous l’appliquons, ne l’oublions pas, à des changemens que le mirage du passé fait seul paraître brusques et saccadés. Il en est d’eux comme de ces plans qui se louchent et semblent se confondre à l’horizon, tandis qu’en réalité ils se trouvent séparés par de larges espaces intermédiaires. Les secousses et les dislocations auxquelles nous rapportons les