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Page:Revue des Deux Mondes - 1886 - tome 74.djvu/689

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Après l’avoir quelque temps délaissé, la critique allemande s’est souvent occupée de Henri Heine dans ces dernières années. On le réédite, on le commente, on l’explique, et son histoire s’est enrichie de nouveaux documens, puisés pour la plupart dans des correspondances plus instructives que les maigres fragmens tronqués de ses mémoires Il semblait que M. Strodtmann, dont le livre restera, eût épuisé la matière ; de nouvelles biographies du grand poète ont paru tout récemment et méritent d’être lues [1]. Cependant, le meilleur moyen de connaître à fond l’auteur des Reisebilder et d’Atta Troll sera toujours de lire sa prose et ses vers, où il s’est mis tout entier. Il n’était pas du nombre de ces poètes qui cherchent le mystère, qui se cachent dans leurs œuvres. Il a passé sa vie à raconter et à chanter Henri Heine ses joies, ses chagrins, ses amours, ses haines, sans que personne s’avisât de se plaindre qu’il parlât trop de lui. Le seul moi vraiment odieux est celui des fats et des indifférens. L’homme dont on a dit que le Français qui a en le plus d’esprit après Voltaire était un Allemand avait beaucoup de petites vanités, et il ne craignait pas la vanterie, —

  1. Heine’s Leben und Werke, von Adolf Strodtmann, 3e Auflage. Hamburg 1884. — Heinrich Heine, sein lebensgang und seine schriften nach den neuesten Quellen dargestellt, von Robert Proelss. Stuggart, 1886. — Henrich Heine’s biographie von G. Karpeles. Hamburg, 1885. — Henrich Heine Memoren, Herausgegeben von Edouard Engel. Hamburg 1884.