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Page:Revue des Deux Mondes - 1886 - tome 73.djvu/961

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états les droits de leur autonomie ou leur imposer à tout propos la suprématie de l’empire dans leurs affaires. M. de Bismarck est-il bien sûr enfin que ces expulsions sommaires n’auront aucun effet sur ses relations avec ses plus intimes et ses plus puissans alliés ? Une chose est certaine, une occasion s’est récemment offerte à Vienne : il y a eu une fête polonaise qui a été non pas tout à fait une manifestation, mais un rendez-vous accepté avec empressement par la noblesse autrichienne, et parles archiducs, même par la princesse héritière. L’alliance de l’Allemagne et de l’Autriche n’en sera sûrement pas ébranlée, elle n’en sera pas plus raffermie. M. de Bismarck n’aura rien gagné à ces violences contre des populations malheureuses. Il n’aura réussi qu’à prouver une fois de plus l’impuissance de la force, puisque, un siècle après les partages, on se croit encore obligé de recourir à de telles extrémités.


CH. DE MAZADE.

LE MOUVEMENT FINANCIER DE LA QUINZAINE.

La spéculation à la hausse sur les rentes françaises a payé, au commencement du mois, les exagérations qu’elle venait de commettre à l’occasion de la liquidation de fin février. Dans son désir d’étrangler jusqu’au dernier les vendeurs à découvert, elle a poussé le 3 pour 100 jusqu’à 82.50, comme si les circonstances et l’état du marché avaient justifié ce brusque déplacement de plus d’une unité en deux jours sur la valeur régulatrice de toutes les transactions de notre place.

Le résultat, facile à prévoir, ne s’est pas fait attendre. Les achats au comptant se sont arrêtés subitement, les conditions des reports ont été légèrement modifiées au détriment des acheteurs, et une réaction assez vive s’est accusée dans les journées qui ont suivi la liquidation ; Le 3 pour 100 a reculé de 82.15 à 81.35 ; l’amortissable, de 84.40 à 83.70 ; le 4 1/2, de 109.80 à 109.15.

Ce mouvement général de recul a ramené les préoccupations du monde financier sur les difficultés de notre situation budgétaire et sur les moyens auxquels on présume que le ministre des finances devra recourir pour réaliser les promesses de la déclaration ministérielle.