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Page:Revue des Deux Mondes - 1886 - tome 73.djvu/849

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petite propriété, c’est encore plus un pays de petite culture : les deux mots sont loin d’être synonymes. La surface moyenne des exploitations, si l’on déduit le sol non imposable, routes, canaux, etc., ne va qu’à 2 hectares 97. Le plus grand nombre demeure fort au-dessous de cette proportion. On compte 472,000 exploitations de moins 50 ares, 122,000 de 50 ares à 1 hectare et 116,000 de 1 à 2 hectares. Il ne faudrait pas croire qu’il y eût autant de propriétaires que d’exploitations, et que toutes ces propriétés fussent vraiment des propriétés rurales. Les jardinets attenant aux maisons des campagnes et des petites villes, ou même des faubourgs des grandes, entrent pour une forte part dans ce total majestueux de 910,396 exploitations. Si l’on se souvient que la population belge comprend seulement 1,210,000 ménages, on voit combien est forte la proportion de ceux qui ont un intérêt direct dans le sol, soit comme propriétaires, soit tout au moins comme fermiers ou exploitans à leur compte. Il est assez difficile, plutôt même impossible, de dégager de ces données, avec une exactitude minutieuse et absolue, le nombre des propriétaires. Les personnes qui sont peu au courant des recherches statistiques s’imaginent qu’il est aisé de découvrir le nombre des propriétaires terriens dans un pays ; en réalité, on n’y peut parvenir avec précision ; on en approche, on le conjecture d’une façon raisonnable, mais on n’arrive pas à la certitude ; les doubles emplois abondent en pareille matière. Un fait intéressant qu’on ne peut négliger c’est que, malgré l’augmentation, depuis 1866, du nombre total des exploitations en Belgique, celles qui sont cultivées directement par les propriétaires ont diminué de 8 1/2 pour 100 depuis cette date. On peut admettre que, parmi les 293,524 exploitans qui sont en même temps propriétaires de leurs exploitations, il se rencontre peu de doubles emplois. Il est prudent, au contraire, de réduire de moitié le chiffre des exploitations louées, pour avoir le nombre des propriétaires qui y correspondent. Peut-être même, dans un pays de petite culture et de petites locations, comme les Flandres, devrait-on le réduire des trois quarts ; on obtiendrait ainsi le chiffre de 450,000 à 550,000 propriétaires fonciers pour le royaume de Belgique, ce serait le dixième de la population ; mais, comme il faut tenir compte des familles qui sont nombreuses, car la petite propriété en Belgique, aidée de l’industrie manufacturière et extractive, n’empêche pas une énorme natalité, on peut conclure que la moitié environ des habitans des campagnes belges ont une propriété foncière.

La grande propriété, chez nos voisins du nord-est, a perdu considérablement de terrain depuis quinze années ; la perte, il est vrai,