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Page:Revue des Deux Mondes - 1886 - tome 73.djvu/848

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à 7 hectares par propriété ; mais il conviendrait de déduire 781,000 propriétaires qui ne possèdent que des constructions, c’est-à-dire pour la plupart des maisons ou des cottages. C’est en Sardaigne que la propriété est le plus répandue et le plus divisée, dans les Marches qu’elle l’est le moins. La première province fournit 1 propriétaire sur 4 habitans, la seconde 1 sur 13. Y-a-t-il quelque relation entre le nombre restreint des propriétaires des Marches et le développement qu’ont pris dans cette contrée les idées socialistes ?

Remontons vers le nord en restant à peu près sur les mêmes degrés de longitude. On des petits peuples les plus prospères et les plus industrieux qui honorent le monde s’offre à nous, le peuple hollandais. Son sol, fait en partie de main d’homme, se compose brut de 3 millions d’hectares ; mais si l’on en déduit 713,000 hectares de terrains incultes, les marécages, les digues et les routes, les terrains publics, les constructions et leurs dépendances, il reste 2,235,000 hectares cultivables. Le sol brut de la Hollande, utilisé ou non, se partage entre 581,484 contribuables à l’impôt foncier rural ; la taxe foncière pour les propriétés bâties est en dehors. La moyenne pour chaque propriété rurale se trouve monter à 5 hectares et demi. Le nombre des parcelles est considérable, atteignant 4,433,251, soit environ 70 ares par parcelle. Sur ces contribuables à l’impôt foncier, 71 pour 100 sont taxés pour un revenu imposable de moins de 25 florins ou 50 francs. La petite et même la très petite propriété foisonnent donc en Hollande. La grande, sans en être bannie, ne s’y présente que rarement, puisqu’on n’y compte que 6,882 contribuables pour un revenu imposable de 1,000 à 5,000 florins, soit de 2,000 à 40,000 francs, et 407 propriétaires de domaines dont le rendement est évalué à plus de 5,000 florins, 10,000 francs. Il faut dire que, en Hollande, comme partout d’ailleurs, le revenu imposable doit rester au-dessous du revenu réel, d’un tiers au moins, peut-être de moitié.

Plus morcelé encore que celui de la Hollande est le sol de la Belgique : les territoires des deux pays sont presque égaux, celui du premier offrant, cependant, une supériorité de 10 pour 100 environ. La Belgique ne s’étend que sur 2,945,000 hectares, tandis que la Néerlande en occupe 3,242,000. Le nombre des exploitations belges dépasse de 60 pour 100 celui des exploitations hollandaises, et il s’est singulièrement accru depuis vingt années. On relevait, en 1866, 744,007 exploitations, dont un peu plus de 40 pour 100 étaient conduites directement par les propriétaires : en 1880, le nombre des exploitations atteint 910,396, dont un peu plus des deux tiers, 616,812, sont affermés. Si la Belgique est un pays de