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Page:Revue des Deux Mondes - 1886 - tome 73.djvu/660

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I. DE L’ORIGINE A BOIELDIEU.


I
Regrettez-vous le temps où nos vieilles romances
Ouvraient leurs ailes d’or vers leur monde enchanté ?

Ce temps, que regrettait le poète, le musicien peut le regretter comme lui. Il y a sans doute quelque imprudence à l’avouer ; car, de nos jours, les réactionnaires sont suspects, même en musique. Parler de l’opéra-comique ! autant vaudrait parler des Bouffons ; et le public commence à se soucier du Pré-aux-Clercs ou de la Dame blanche autant que de la Somnambule ou de l’Italienne à Alger. Moins encore peut-être ; car les plus pauvres partitions de Bellini ou de Rossini, qui ne demandent que d’agiles virtuoses, les rencontrent parfois. Grâce à eux, elles reparaissent à l’étranger, et même chez nous, sur des théâtres de vogue passagère, mais de bonne compagnie. Grétry, Boïeldieu, Herold et tant d’autres ne connaissent même plus ces retours. On ne les joue guère, on ne les aime plus ; le culte de nos vieilles gloires se perd de jour en jour. Nous voudrions le relever. Nous voudrions rendre à nos