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Page:Revue des Deux Mondes - 1886 - tome 73.djvu/473

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CHRONIQUE DE LA QUINZAINE.




14 janvier.

Tout est donc nouveau ou remis à neuf avec l’année nouvelle dans les pouvoirs publics de la France. La chambre des députés, qui vient de reprendre ses séances au Palais-Bourbon, date à peine de quelques mois, de ce scrutin d’octobre, qui n’a pas encore dit son dernier mot. La réélection de M. le président de la république pour une période de sept années ne date que de quelques jours. Voici maintenant un ministère qui n’est que d’hier, qui va entrer en scène avec son programme après le message de M. le président de la république. Et tout cela cependant, il faut l’avouer, ne fait pas une situation bien nouvelle, n’a rien de bien nouveau ni par l’apparence ni par l’esprit. C’est une vieille histoire qui continue ou qui recommence pour l’édification de la France, devenue par degrés singulièrement sceptique, assez disposée à laisser passer sans s’émouvoir les petites agitations des partis affairés, les ministres qui s’en vont ou qui reviennent, et dont elle ne sait pas toujours les noms, tous ces changemens qui ne changent rien et dont elle n’a pas le secret.

Pourquoi le dernier ministère s’est-il retiré avec une certaine brusquerie dès le lendemain de la réélection de M. le président de la république ? Pourquoi et comment le nouveau cabinet s’est-il formé ? Que s’est-il passé réellement pendant ces premiers jours de l’annùe, où il n’y a eu pour un instant ni parlement ni gouvernement et où l’on ne s’en