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Page:Revue des Deux Mondes - 1885 - tome 68.djvu/931

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CONTE.
I


Levée au point du jour pour faire le chemin,
Vers un hôtel princier du faubourg Saint-Germain
Dont le lierre envahit la porte blasonnée,
Accourt, de grand matin, l’ouvrière en journée.
Dans le brouillard, parmi les maçons au pied lourd,
Qui, leur pain sous le bras, descendent le faubourg,
La mignonne fillette arrive de Plaisance
Et traverse, gantée et mise avec décence,
La cour au sable frais que son pas fait crier.
Un groom, guêtré de cuir, suivi d’un chien terrier,
Lui sourit au passage, une paille à la bouche.
Mais l’enfant va plus vite et dédaigne, farouche,
L’hommage du bel homme en culottes chamois,

L’ouvrière travaille ici depuis un mois.
Malgré les yeux hardis des valets d’écurie,
Elle s’y plaît beaucoup… Trois francs, et bien nourrie ! ..
Dans le petit salon, d’où l’on voit le jardin,
Son ouvrage du jour est prêt, dès le matin,