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Page:Revue des Deux Mondes - 1885 - tome 68.djvu/846

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La propriété minière et l’industrie des mines sont, en ce moment, attaquées dans notre pays. D’une part, les ouvriers mineurs font de grands efforts pour démontrer que la société ne saurait sans injustice s’abstenir plus longtemps de prendre en main leur cause. Un certain nombre d’entre eux ont présenté, d’ailleurs avec beaucoup de talent et d’habileté, le tableau des réformes qu’ils jugent indispensables, dans une brochure imprimée en vertu de la résolution de la chambre syndicale de Saint-Etienne, du 25 décembre 1882, sous ce titre : les Cahiers de doléances des mineurs français. D’autre part, la chambre des députés est, depuis deux ans, assaillie par plusieurs de ses membres de propositions qui s’appliquent à deux ordres de faits différens. Les premières modifient gravement la législation des mines afin d’améliorer la situation des mineurs : ce sont les projets déposés le 11 novembre 1882 par MM. F. Faure et M. Nadaud, le 21 novembre 1882 par MM. Reyneau et Gilliot, le 23 et le 28 novembre 1882 par M. Waldeck-Rousseau et trente-cinq de ses collègues, le 30 novembre 1882 par M. E. Brousse et cinquante-deux de ses collègues, le 13 mars 1883 par MM. Marius Chavanne et Girodet. Il s’agit à la fois de garantir par de nouveaux règlemens « l’hygiène et la sécurité du travail » soit dans les mines, soit dans les manufactures et dans les chantiers ; de réduire la durée du travail dans les mines ; de renvoyer les contestations qui peuvent naître entre les exploitans et leurs ouvriers devant des conseils spéciaux de prud’hommes ; d’instituer des « délégués mineurs » qui seraient à la fois chargés de contrôler les travaux des mines et de constater les accidens ; enfin d’imposer dans de certaines conditions la création de caisses de secours