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Page:Revue des Deux Mondes - 1885 - tome 68.djvu/800

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Nous avons déjà dit qu’en fondant les deux ateliers de torpilles actuels, nous aurions, pour le moment, un atelier suffisant. Lorsqu’on devra faire de grosses œuvres, la direction des torpilles se contentera de recourir aux grands ateliers des constructions navales. On pourra donc se borner à installer les ateliers actuels dans un local spécial, qui ne sera pas difficile à trouver dans nos ports où les bâtimens vides abondent. On perfectionnera quelque peu leur outillage, soit, en moyenne, 100,000 francs par port, en tout 500,000 francs. Nous prenons une moyenne, car il est clair que Toulon demandera plus de 100,000 francs, mais on économisera sur les autres ports. Quant à l’inspection générale, on n’aura qu’à approprier pour elle des bureaux du ministère et à lui fournir des meubles ; mettons que cela coûte 30,000 francs et récapitulons : 1 million pour l’usine, 500,000 francs pour les ateliers des directions, 30,000 francs pour l’inspection : total 1,530,000 fr. Passons au personnel. Le personnel ouvrier existe, comme nous l’avons déjà dit. On l’augmentera suivant les besoins du service, mais au détriment des constructions navales, qu’on débarrassera des ennuis que leur cause actuellement le service de torpilles qu’elles dirigent. En prenant les ouvriers de l’usine de construction à Indret et ceux des ateliers des directions dans les arsenaux, les frais seront nuls. Il va sans dire que ces ouvriers seront traités comme ceux des arsenaux : même solde, même hiérarchie, même avancement, etc. L’inspecteur général étant un de nos vice-amiraux, nous n’avons à prévoir pour lui que les frais de tournée et d’inspection ; de même pour les officiers de vaisseau attachés à l’inspection. Les dépenses du personnel se réduisent donc à la création d’un corps nouveau, celui des ingénieurs-torpilleurs. Or nous aurons besoin de 2 ingénieurs à l’usine de construction, de 2 autres à chacune des directions de Toulon, de Brest et de Hoche-fort ; 1 pourra suffire dans chacune des directions de Lorient et de Cherbourg ; mettons-en 3 à l’inspection générale et aux bureaux, nous arriverons au nombre de 13. Le total de la dépense pour un personnel aussi réduit ne s’élèvera certainement pas à plus de 120,000 francs. En chiffres ronds, l’ensemble de la réforme du matériel et du personnel peut s’évaluer à 2 millions.

Mais comment recruter, dira-t-on, le corps des ingénieurs-torpilleurs ? Évidemment par des grades et de l’argent. L’un de ces ingénieurs aura le rang d’officier général, avec même solde et supplémens. Les autres auront tous rang d’officiers supérieurs ; six d’entre eux étant assimilés à des capitaines de vaisseau, et les six autres à des capitaines de frégate, avec même solde et supplémens. En établissant ainsi ce corps privilégié, le recrutement en