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Page:Revue des Deux Mondes - 1885 - tome 68.djvu/635

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I

La question de la taxe du pain a été soumise, il y a quelques mois, au conseil municipal, et, à une majorité de deux ou trois voix, cette assemblée en a voté le rétablissement. Ce n’était là qu’une invitation adressée à M. le préfet, et il ne semble pas que, dans les conseils du gouvernement, on fût disposé à en tenir un compte immédiat.

M. le préfet peut s’arrêter à deux partis. Il peut, en vertu d’une loi de 1791, interdire aux boulangers de vendre au-dessus d’un prix maximum déterminé par l’administration pour les pains de première et deuxième qualité : c’est la taxe officielle. Il peut aussi, — sans donner satisfaction complète au conseil municipal, — publier une taxe officieuse. Tous les quinze jours il est fait, à la préfecture de la Seine, une estimation de la valeur du pain à Paris d’après des élémens d’information que nous ferons connaître. Cette estimation, qui ne sort pas des bureaux, serait livrée au public ; on la verrait à la porte des mairies, imprimée sur affiches blanches, entre les avis des contributions directes et les appels de réservistes.

Nos boulangers ne seraient pas taxés absolument : M. le préfet ferait seulement savoir de temps en temps à la population à quels prix il lui semblerait convenable, honnête de vendre le pain. On avait proposé d’afficher aussi les noms des boulangers qui auraient suivi les conseils de M. le préfet ; d’autres préféraient afficher les noms des