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Page:Revue des Deux Mondes - 1885 - tome 68.djvu/624

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du bassin du Rhône. On en a compté, comme moyenne annuelle, six ou sept, chiffre qui est sans doute bien au-dessous de la réalité. Pendant les deux premiers mois de cette année, cinq ont déjà été signalés, dont un, le 1er février, dans le Calvados et la Manche ; l’autre, le 6 du même mois, dans divers points de la Charente-Inférieure, notamment à Saintes. Il est rare que, dans ces circonstances, des maisons s’écroulent ou soient même avariées. On observe seulement, ainsi qu’il est arrivé lors du tremblement de terre ressenti dans beaucoup de nos départemens, le 14 septembre 1865, un tintement de sonnettes, des pendules dont le mouvement s’arrête, des portes secouées comme par une main qui tenterait de les ouvrir, des meubles agités, des craquemens de cloisons légères, rarement des personnes renversées, enfin un bruit sourd comme un roulement ; encore ces manifestations ne sont-elles pas perçues du plus grand nombre des habitans. La Belgique, la Hollande, le nord de l’Allemagne, la plus grande partie de la Russie, à part le Caucase, et la Sibérie, excepté la région du lac Baïkal, peuvent également être considérés comme se trouvant dans des conditions de calme relatif. Toutefois, même dans ces pays les plus tranquilles, il est peu de localités où l’on n’ait pas conservé le souvenir de quelques secousses souterraines.

Ce qu’il importe de signaler, ce n’est pas tant la disposition géographique des contrées le plus souvent secouées que la constitution même de l’écorce terrestre qui correspond à ces ébranlemens.

Pour beaucoup d’entre elles, une coïncidence significative apparaît, sans qu’il soit nécessaire d’une étude approfondie : c’est la présence de volcans actifs.

Dans l’Amérique méridionale, diverses parties de la bande relativement étroite qui est comprise entre les Andes et le Grand-Océan offrent un exemple frappant de cette association de volcans avec un sol fréquemment agité, particulièrement en Colombie, dans la république de l’Equateur et au Chili. « Sur les côtes du Pérou, dit Alexandre de Humboldt, le ciel est toujours serein ; on n’y connaît ni la grêle, ni les orages, ni les redoutables explosions de la foudre ; le tonnerre souterrain qui accompagne les secousses du sol y remplace le tonnerre des nuées. Grâce à une longue habitude et à l’opinion très répandue qu’il y a seulement deux ou trois secousses destructives à craindre par siècle, les tremblemens de terre n’inquiètent guère plus à Lima que la grêle dans la zone tempérée. » Or dans cette même région, du 16e au 24e degré, s’élèvent dix-huit volcans, dont l’un, le Gualatieri ou Sahama, a une altitude de 6,990 mètres, c’est-à-dire bien supérieure à celle du Mont-Blanc. Le Chili, si éminemment sujet aux tremblemens de terre, ne possède pas moins de trente-trois volcans actifs, entre le 33e et le