Ouvrir le menu principal

Page:Revue des Deux Mondes - 1885 - tome 68.djvu/607

Cette page n’a pas encore été corrigée


Le globe terrestre dans ses parties internes est loin d’être en repos ; de même que sa surface, ses régions profondes sont soumises à des actions incessantes. On ne saurait en douter quand on considère les volcans qui projettent leurs éruptions dans de nombreuses régions et aux latitudes les plus diverses. Ce qui le prouve avec non moins d’évidence et pour de plus grandes étendues encore, ce sont ces agitations soudaines qui mettent en mouvement le sol, que nous sommes portés à prendre pour un type de stabilité et de fixité. Loin d’être rares, comme on serait tenté de le croire quand on habite une des contrées de l’Europe septentrionale d’ordinaire tranquilles, les tremblemens de terre sont un phénomène des plus fréquens. Il est permis de dire qu’ils sont tout à fait journaliers ; car il ne se passe pas un jour, bien plus, pas une heure, sans que, d’une manière sensible, sur un point ou sur un autre, l’écorce terrestre ne se trouve ébranlée : c’est une continuelle agitation.

Depuis que les communications d’une extrémité à l’autre de la terre sont devenues aussi faciles que rapides, nos idées sur bien des sujets se modifient et deviennent plus précises. Des faits qui autrefois paraissaient singuliers et extraordinaires sont reconnus fréquens et habituels. Tel est le cas pour les tremblemens de terre. Récemment de nombreux télégrammes apprenaient, presque heure par heure, à tous les points du monde civilisé, les ébranlemens du sol de l’Andalousie. A l’étonnement et à la vive curiosité qu’excitent ces phénomènes se joint une profonde émotion, que causent