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Page:Revue des Deux Mondes - 1885 - tome 68.djvu/605

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questions particulières, sur le commerce, les institutions des puissances étrangères, que les représentans de la France au dehors joignent comme annexes à leurs dépêches. Ce sont, en second lieu, les résumés ou les mémoires spéciaux en vue de quelque négociation rédigés par les soins de l’administration centrale dans les bureaux du ministère. Une troisième classe comprend les documens relatifs à l’expédition des affaires courantes concernant celles de nos provinces qui relevaient autrefois de la secrétairerie des affaires étrangères. Il y faut joindre les papiers concernant l’administration générale du royaume, à laquelle les différens ministres prenaient une part plus ou moins importante. Un dernier élément constitutif de ce vaste ensemble se compose enfin des acquisitions successives faites par le dépôt : papiers de Mazarin, en quatre cent soixante-douze volumes ; papiers de Richelieu ; papiers des Noailles ; manuscrits du duc de Saint-Simon ; deux cent vingt-neuf volumes manuscrits du président de Mesmes, etc. Il ne fallait pas moins que la science et l’expérience pratique de M. Georges Picot, membre de la commission, l’historien bien connu des états-généraux, pour présider à la bonnes ordonnance de tant de matières intéressant l’histoire de nos institutions et de notre politique, et pour diriger la rédaction d’un Inventaire contenant dix-huit cent quatre-vingt-trois dossiers qu’il fallait définir en quelques lignes avec une clarté suffisante pour guider les recherches de l’historien. L’Inventaire sommaire des archives du département des affaires étrangères. Mémoires et Documens. France, imprimé en 1882 par l’Imprimerie nationale, avec une introduction explicative et un abondant index, fait le plus grand honneur et à la direction des archives et à celui de nos confrères qui en a surveillé la longue et délicate élaboration. De pareils catalogues bien faits sont à la fois des actes intelligens et de bons livres, des œuvres de science désintéressée et de dévouaient national.

Une tâche plus modeste, mais fort utile, et qui a son caractère de moralité, se poursuit par les soins de la direction des archives diplomatiques sous le contrôle, c’est-à-dire avec l’approbation reconnaissante de la commission : c’est la double opération du foliotage et de l’estampillage de tous les registres. On a calculé qu’il faudra plus de quinze ans pour l’achever, onze à douze cents volumes étant pourvus chaque année. On comprend que c’est là une des précautions les plus nécessaires contre le retour désormais irréalisable, espérons-le, des dilapidations que le secret d’autrefois a permis de commettre dans le dépôt des archives diplomatiques. Ce sont là des souvenirs irritans et douloureux. Je me rappelle encore le sentiment d’indignation qui s’empara de nous quand, aux