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Page:Revue des Deux Mondes - 1885 - tome 68.djvu/602

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expliquent que la bonne entente avec la Suède fût une tradition et une règle pour la politique française pendant ce règne.


III

Beaucoup d’autres volumes, outre ceux des Instructions pour l’Autriche et pour la Suède, seront publiés plus ou moins prochainement par les soins de la commission supérieure des archives. Le directeur même de ces archives, M. Girard de Rialle, s’est chargé de la Turquie ; M. Hanotaux, ancien élève de l’École des chartes, aujourd’hui conseiller d’ambassade, prépare les Instructions pour Rome, qui formeront au moins deux volumes, sinon trois ; M. Lavisse donnera la Prusse, M. Armand Baschet l’Angleterre, et M. Rambaud la Russie. Mais l’activité de la commission ne s’est pas bornée à cette seule série. Elle en commence une autre qui offrira aux historiens, aux littérateurs, aux curieux, sans compter les politiques, de précieux attraits. De même que l’administration du Master of the Rolls à Londres publie sous le titre de Calendars les analyses, avec longues et nombreuses citations, des correspondances envoyées par les divers agens diplomatiques des pays étrangers près la cour britannique sur chaque règne d’Angleterre, sans exclure les autres documens originaux, de même la commission française prend à tâche de donner au public lettré un Inventaire analytique, avec citations, de la correspondance politique des agens français à l’étranger. Nos voisins font connaître leur propre histoire racontée par ces témoins diplomates ; nous, nous ferons connaître l’histoire des autres états racontée par nos agens extérieurs, et celle de nos relations avec ces mêmes états. La commission française a voulu commencer par les correspondances régulières les plus anciennes que nos archives diplomatiques possèdent : telles sont les dépêches de M. de Castillon, puis de Charles de Marillac, ambassadeur à Londres en 1538 et en 1542. On est en plein règne de Henri VIII, de sorte que tout à côté des grandes affaires débattues avec François Ier ou Charles-Quint, on rencontre les aventures matrimoniales de ce redoutable royal époux : les drames sanglans côtoient les recherches galantes. M. de Castillon raconte les nombreux épisodes en courtisan alerte et spirituel, Charles de Marillac en grave témoin. Ajoutez le charme de cette forte et nerveuse langue française du XVIe siècle, que manient avec une belle aisance ces fermes esprits.

C’est le chef même du bureau historique institué près les archives, M. Kaulek, un ancien membre, lui aussi, de l’École des chartes, qui s’est chargé de faire ces extraits et ces analyses. L’intérêt d’un tel recueil ne sera pas seulement, disions-nous, de devoir