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Page:Revue des Deux Mondes - 1885 - tome 68.djvu/456

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prononcé contre, et celui de la Nouvelle-Zélande, beaucoup moins intéressé que les autres à cette fédération, est resté jusqu’à cette heure muet. Cette dernière colonie a été d’ailleurs embarrassée par la lutte des partis et une crise parlementaire, et la Nouvelle-Galles du Sud est jalouse de la prééminence qu’a prise Victoria dans la question de fédération australienne. C’est au mois d’octobre dernier que l’annexion de la Nouvelle-Guinée a été décidée par le cabinet britannique, et que lord Derby a fait savoir aux colonies australiennes que le gouvernement de la reine ne s’opposerait plus désormais à la réalisation de leurs projets. Le protectorat sur la côte méridionale de la Nouvelle-Guinée a été proclamé solennellement le 6 novembre. Il coûtera à chacune des colonies 1,000 livres sterling.

Dans une séance de la chambre des communes, le 28 juillet, le sous-secrétaire des colonies, M. Ashley, répondant à une interpellation d’un membre de la chambre, disait « que l’attention du ministère des colonies avait été appelée sur l’affluence de plus en plus nombreuse dans les colonies anglaises de l’Océanie de criminels évadés des établissemens pénitentiaires français. Pour mettre un à ces inconvéniens, le gouvernement de la reine était entré en négociations suivies avec le gouvernement français. Les pourparlers duraient depuis plusieurs mois, et le cabinet de Londres croyait que ses représentations pressantes seraient de la part du gouvernement voisin l’objet d’un examen sérieux. Il ne serait donc pas nécessaire de recommander aux gouvernemens coloniaux l’adoption de mesures législatives déclarant illicite la tentative de tout capitaine de débarquer dans un port quelconque appartenant aux colonies australiennes des condamnés évadés ou relaxés. Toutefois, le gouvernement de la reine ne s’opposerait à aucune mesure que les colonies pourraient prendre pour se protéger contre ce fléau, » Dans la même séance, le sous-secrétaire des colonies confirmait que l’assemblée législative de Queensland avait voté à l’unanimité les articles de la convention de Sydney, tendant à établir « une confédération des colonies, à réaliser l’annexion de la Nouvelle-Guinée et d’autres îles du Pacifique occidental, et à créer une législation commune contre l’invasion des criminels d’origine étrangère. » M. Ashley ajoutait que les ministres de la reine étaient prêts à soutenir et à faire exécuter tous les programmes de ce genre, pourvu qu’ils fussent sanctionnés par les législatures des différentes colonies intéressées.

A la date du 31 juillet, quatre des colonies australiennes avaient déjà donné leur assentiment aux résolutions de la convention de Sydney. Le conseil législatif de l’Australie de l’Ouest s’était